';
Synchronicité

Synchronicité

Elizabeth Denley définit certaines des caractéristiques clés de la synchronicité et observe ses manifestations dans notre vie quotidienne. Elle analyse également l’orientation rationnelle et scientifique de ces derniers siècles qui a limité notre compréhension de la synchronicité et de la causalité.

 

Coïncidences significatives. Simultanéités. Rencontres prédestinées ou fortuites. Points tournants. Heureux hasards. Tous ces événements exhalent un parfum de synchronicité. Comme si l’univers conspirait à déclencher quelque chose. Dans l’Antiquité, on traitait de magiques ce genre d’événements. Aujourd’hui, on parle de synchronicité.

Qu’est-ce que la synchronicité? S’agit-il de la coïncidence fortuite d’événements et de circonstances sans motif ni finalité? Je ne le pense pas. La finalité de cette coïncidence échappe peut-être à notre champ de conscience, ce qui nous fait rejeter l’éventualité d’un lien significatif entre certains événements. Or la synchronicité est peut-être en résonance avec le plan divin, avec des sphères de la Nature qui nous restent invisibles et que nous ne pouvons comprendre!

Le terme de synchronicité a été inventé par Carl Jung dans les années 1920 pour décrire un rapport significatif entre des événements, rapport qui n’est pas une relation de cause à effet. Il a désigné ces manifestations sous les termes de «recoupements acausaux» ou «occurrence de deux événements liés de façon significative mais non causale».

La synchronicité, une loi de la nature chez les anciens

Mais Jung n’a pas été le premier à étudier et à tenter de comprendre la synchronicité. Ces liens significatifs avaient déjà été décrits par les anciens, en particulier par Avicenne et Albert le Grand. En fait, avant que la méthode scientifique ne se centre sur la nécessité d’une preuve visible de la relation de cause à effet, la synchronicité était considérée comme une loi de la nature aussi fondamentale que la causalité. Ce n’est qu’au XVIIIsiècle, avec l’essor des sciences naturelles, que la causalité est devenue dominante et que la théorie des correspondances a lentement disparu. Pourtant, même aujourd’hui, la synchronicité est évidente pour l’esprit dit primitif, et elle n’a besoin d’aucune preuve ou justification, car elle inclut tous les actes de la création.

Les anciens avaient une vision holistique du monde. Hippocrate écrivait: «Il existe un flux commun, un souffle, toutes choses étant en sympathie. Tout l’organisme et chacune de ses parties travaillent ensemble dans le même but.»

Shakespeare exprime cette idée d’action commune et de finalité inconnue dans sa pièce Comme il vous plaira. Le célèbre monologue de Jacques sur les sept âges de l’humanité commence ainsi: «Le monde entier est une scène, et tous les hommes et les femmes ne sont que des acteurs». Je me demande si Shakespeare avait compris qui était le divin auteur de la pièce…

Jung a beaucoup écrit sur la synchronicité – sur les liens acausaux et les liaisons croisées significatives entre les événements. Il appelait cela l’ordre acausal. Dans son livre, La synchronicité, principe de relations acausales (1952), il présente de nombreuses expériences démontrant la réalité de la synchronicité. Il remarque aussi qu’en dehors de l’espace et du temps il n’y a pas de causalité, tout ce qui existe au-delà n’étant, par définition, plus lié aux lois de cause à effet. Jung considérait la synchronicité comme «une relation entre l’espace et le temps conditionnée par le psychisme».

Synchronicité et conscience

Cela soulève la question de la conscience. Est-elle liée à la causalité ou a-t-elle la possibilité d’aller au-delà? Ceux qui vont au-delà du domaine physique et pénètrent dans celui de l’esprit et de l’âme, sont affranchis des contraintes de l’espace et du temps et, en même temps, des relations de cause à effet.

Pour en revenir à notre vie quotidienne, presque chacun de nous a connu ces sentiments de déjà vu: on marche dans la rue, par exemple, et l’on croise une personne inconnue, avec l’impression d’avoir déjà vécu cette même scène dans ses moindres détails. D’où vient cette «mémoire»? Nous faisons régulièrement des expériences impossibles à mesurer scientifiquement, certains événements n’étant pas reproductibles. Pourtant, nous savons intuitivement que la vie est l’expression d’un ordre universel plus profond que Babuji appelait le Jeu Divin.

Comment comprendre ce jeu, cette pièce de théâtre? Un moyen d’y parvenir est d’étendre notre conscience de façon à ce qu’elle s’ouvre à un plus large spectre. Nous percevons alors la synchronicité à partir d’une dimension supérieure, en expérimentant la connectivité et la synchronicité à la lumière d’une compatibilité vibratoire au niveau subtil.

Compatibilité vibratoire

Cette compatibilité est un vaste sujet. Elle détermine par exemple le choix de la famille qu’une âme rejoint au moment de la conception, ou la dimension dans laquelle une âme se retrouve après la mort. Elle détermine aussi un grand nombre de choix que nous faisons au cours de notre vie, y compris les gens que nous fréquentons, ce qui nous attire, notre vie professionnelle, et bien d’autres choses.

Pour prendre l’image de la limaille de fer attirée par un aimant, les lois naturelles de la compatibilité vibratoire rapprochent de manière mystérieuse les événements et les gens. Mais cette compatibilité est-elle liée à la causalité? Quelle est la cause et quel est l’effet de l’arrivée d’une âme dans une famille? Les conditions vibratoires des parents attirent-elles l’âme, ou est-ce un événement synchrone qui dépend autant de l’état de l’âme entrante que celui des parents?

Mon expérience de la recherche scientifique m’a confirmé que cette approche rationnelle, privilégiée durant ces derniers siècles, avait appauvri notre vision de la connaissance. Le point de vue scientifique est certes utile, nous apprend à observer, à enregistrer et inférer, à reproduire et affiner continuellement nos observations et notre compréhension pour en apprendre davantage sur le monde. Mais il est analytique, fondé sur la dualité, et ce n’est qu’une des approches possibles.

De ce fait nous avons laissé de côté la possibilité de la perception directe, qui résulte d’une connexion intérieure et de la capacité plus profonde de la conscience à «télécharger» la connaissance à partir de dimensions au-delà de la dualité, où les connexions acausales sont naturelles. Peut-être le moment est-il venu de redonner sa place à la synchronicité.

Commentaires
Partager
Elizabeth Denley

Réagissez, partagez, donnez votre point de vue